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Publié : 20 avril 2010

Non information et/ou désinformation ?

« On ne vous dit pas tout » comme le répète Anne Roumanof !

Aviez-vous entendu parler des « Conti » avant le procès ? (et même là l’info fut brève alors que les affaires Villepin ou Dray ont beaucoup occupé les ondes)

Que savez-vous de Salah Hamouri, franco-palestinien emprisonné depuis plus de quatre ans en Israël ?

Quelle information avez-vous eue sur le putsch au Honduras qui a évincé un président élu ?

Que savez-vous des usines qui ferment ou licencient, si cela ne se passe pas dans votre coin, ou si le mouvement syndical ne fait pas assez de bruit ?

Etc… etc…

Chacun a pu noter grand nombre d’infos répétées à satiété alors que d’autres sont omises ou à peine effleurées.

Tout le monde bien sûr n’a pas les même curiosités. Certes il faut faire des choix. Mais comment se font les choix ?

On peut se demander si on parle plus de l‘UMP, du PS, ou des Ecologistes parce qu’ils recueillent plus de suffrages, ou s’il recueillent plus de suffrages parce qu’on en parle beaucoup ?

Si le Parti Communiste et le Front de Gauche ne recueilleraient pas plus de voix si on leur donnait aussi souvent qu’aux autres la possibilité de s’exprimer à la télévision et à la radio ?

Les journalistes sont libres (encore faudrait-il savoir par qui et comment sont choisis les journalistes des grands médias, privés ou publics). Ils sont libres, mais comme chacun de nous conditionnés par leur convictions, « l’idéologie » que leur ont donnée leur formation, leur éducation, leur milieu. On nous dit que « les idéologies sont mortes » car les pouvoirs en place appellent « idéologie » ce qui les conteste (en l’occurrence le communisme et les idées révolutionnaires) . Mais tout le monde a une idéologie, c’est-à-dire un ensemble d’idées philosophiques et morales qu’on croit justes. Même si on fait un effort d’objectivité on n’en fait pas complètement abstraction.

La véritable objectivité, et la véritable liberté, serait de donner un égal droit de s’exprimer à toutes les tendances politiques, et de veiller à ce que les équipes de journalistes reflètent la diversité des opinions, du moins dans les médias publics.

Claude Inguenaud